L’allocation d’aide au retour à l’emploi formation, appelée ARE-F ou AREF, permet aux demandeurs d’emploi déjà indemnisés au titre de l’ARE de conserver une rémunération lorsqu’ils suivent une formation validée par France Travail. Son montant journalier correspond à celui de l’ARE, avec un plancher net fixé à 22,99 € par jour, ou 11,51 € à Mayotte. Elle ne finance toutefois ni les frais pédagogiques ni les dépenses annexes. Voici les conditions, le calcul, les démarches et les solutions possibles lorsque vos droits prennent fin avant la formation.
Ce que l’ARE-F change pendant votre parcours de formation
L’ARE-F est la forme prise par votre allocation de retour à l’emploi lorsque vous entrez dans une formation reconnue par France Travail. Elle assure la continuité de votre indemnisation, mais répond à des règles propres au statut de stagiaire de la formation professionnelle.
Vous ne cumulez donc pas deux allocations. Au moment de l’entrée en formation, votre ARE devient une ARE-F pendant la période déclarée et validée. Cette évolution permet à France Travail de tenir compte de votre nouvelle situation : vous restez inscrit comme demandeur d’emploi, tout en consacrant votre disponibilité à un parcours destiné à faciliter votre retour à l’emploi.
L’ARE-F appartient à un ensemble plus large de rémunérations liées à la formation. Selon la situation du demandeur, d’autres dispositifs peuvent intervenir, notamment la rémunération des demandeurs non indemnisés ou la rémunération de fin de formation, dite RFF. Le dispositif applicable dépend d’abord de vos droits ouverts avant le début du parcours.
Cette distinction est importante pour un professionnel de santé en reconversion ou en spécialisation. Une formation vers un métier réglementé, une fonction administrative en établissement sanitaire ou une nouvelle compétence paramédicale peut engager votre budget pendant une période longue. L’ARE-F sécurise une partie de ce budget, mais elle ne remplace pas l’examen du coût pédagogique, des déplacements ou de l’organisation familiale.
Les conditions à réunir avant votre entrée en formation
Vous pouvez bénéficier de l’ARE-F si vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi, indemnisé au titre de l’ARE et engagé dans une formation validée par France Travail. La validation doit intervenir avant l’entrée en formation, dans le cadre de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi.
Les conditions essentielles sont cumulatives :
- vous êtes inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi ;
- vous disposez de droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi ;
- votre projet personnalisé d’accès à l’emploi, ou PPAE, est établi et validé ;
- la formation est reconnue comme cohérente avec ce projet ;
- votre entrée en formation est enregistrée auprès de France Travail.
Le PPAE ne constitue pas une formalité décorative. Il relie votre projet professionnel, les compétences à acquérir et les perspectives d’emploi visées. Pour une reconversion dans la santé, votre dossier gagne à préciser le métier préparé, les conditions d’exercice, le diplôme éventuellement exigé et les débouchés correspondant à votre mobilité géographique.
Les demandeurs d’emploi non indemnisés ne peuvent pas percevoir l’ARE-F. Ils doivent examiner les autres rémunérations de formation susceptibles de correspondre à leur situation. Le financement des frais pédagogiques et la rémunération versée pendant le parcours restent deux questions distinctes, même lorsqu’elles sont étudiées au cours du même échange avec le conseiller.
Les formations susceptibles d’ouvrir le droit
Une formation peut ouvrir droit à l’ARE-F lorsqu’elle figure dans votre PPAE et qu’elle a été acceptée par l’organisme référent. Les parcours de plus de 40 heures, ainsi que ceux qui ne permettent pas d’occuper un emploi en parallèle, entrent dans le champ à examiner.
La durée ne suffit pas à elle seule. France Travail apprécie également la cohérence du parcours avec le retour à l’emploi. Une formation préparant à un métier de santé réglementé, à une évolution vers l’encadrement ou à une fonction support en établissement sanitaire ou médico-social doit donc être présentée comme une étape structurée de votre projet.
Avant de vous engager, vérifiez séparément quatre éléments :
- l’inscription de la formation dans votre PPAE ;
- sa validation par France Travail ;
- la prise en charge éventuelle de son coût ;
- le maintien de votre rémunération pendant toute sa durée prévisionnelle.
L’ARE-F est versée à l’allocataire : elle ne paie pas automatiquement l’organisme de formation. Une admission dans un établissement ou l’acceptation d’un devis ne garantit donc pas, à elle seule, votre indemnisation. Attendez la validation administrative avant de considérer votre budget comme sécurisé.
ARE et ARE-F : une comparaison qui ne s’arrête pas au montant brut
Le montant journalier brut de l’ARE-F est égal à celui de l’ARE que vous perceviez avant la formation. La différence la plus utile à connaître concerne les prélèvements : l’ARE-F est exonérée de CSG et de CRDS, contrairement à l’ARE, tandis qu’une participation de 3 % au titre de la retraite complémentaire est prélevée.
| Critère | ARE | ARE-F |
|---|---|---|
| Situation principale | Recherche d’emploi | Formation validée par France Travail |
| Base du montant journalier | Droits ARE ouverts | Même montant journalier brut que l’ARE |
| CSG et CRDS | Peuvent s’appliquer | Exonération |
| Retraite complémentaire | Régime propre à l’ARE | Participation de 3 % |
| Plancher net propre à l’ARE-F | Non applicable | 22,99 € par jour, ou 11,51 € à Mayotte |
Le montant net de l’ARE-F ne peut pas être inférieur à 22,99 € par jour. À Mayotte, ce plancher est fixé à 11,51 € par jour. Ce minimum protège le niveau journalier de l’allocation, mais il ne permet pas de déduire votre revenu mensuel sans connaître les modalités précises de paiement de votre dossier.
L’ARE-F demeure également soumise à l’impôt sur le revenu. Exonération de CSG et de CRDS ne signifie donc pas exonération fiscale. Conservez les relevés transmis par France Travail et vérifiez les montants reportés dans vos documents fiscaux.
Pour comparer votre budget avant et pendant la formation, partez de votre notification de droits et non d’une estimation trouvée en ligne. Contrôlez le montant journalier, les retenues, la durée restante et la date prévisionnelle de fin de droits. Ce relevé est plus utile qu’un montant mensuel isolé, surtout lorsque la formation s’étend sur plusieurs périodes d’actualisation.
Combien de temps l’allocation peut-elle être versée ?
L’ARE-F est versée pendant la formation, dans la limite des droits ARE qu’il vous reste. L’entrée en formation ne crée pas une nouvelle durée d’indemnisation indépendante de vos droits initiaux.
Votre calendrier doit donc mettre en regard deux échéances : la fin prévisionnelle de la formation et l’épuisement prévisionnel de l’ARE. Si la seconde arrive avant la première, le maintien d’une rémunération n’est pas automatique. Ce point mérite d’être vérifié avant l’inscription définitive, notamment lorsque le parcours exige une disponibilité complète.
Des règles d’allongement peuvent concerner certains demandeurs d’emploi âgés d’au moins 55 ans à la fin de leur contrat de travail. Elles dépendent notamment de leur durée d’affiliation et de leur situation. Le dossier mentionne un allongement limité à 137 jours, ou 182 jours pour les résidents des départements et collectivités d’outre-mer.
Ces règles sont techniques et sensibles à la chronologie du dossier. Demandez une simulation écrite de la durée d’indemnisation à partir de votre date de fin de contrat, de vos périodes d’affiliation et du calendrier de formation. Un intitulé de dispositif ne remplace pas une notification individuelle de droits.
La RFF lorsque vos droits s’achèvent avant la formation
Lorsque l’ARE-F prend fin alors que la formation continue, la rémunération de fin de formation peut, sous conditions, assurer la suite du versement. La bascule vers la RFF doit être anticipée : elle ne découle pas du seul fait que votre parcours n’est pas terminé.
France Travail examine notamment la formation suivie et votre situation à la date d’épuisement des droits. Si la RFF est accordée, elle prend le relais de l’ARE-F pour permettre la poursuite du parcours éligible. Elle ne reconstitue pas vos droits ARE et obéit à son propre régime.
Pour une même formation, la durée maximale cumulée de versement de l’ARE ou de l’allocation de sécurisation professionnelle et de la RFF est de 3 ans. Cette limite doit être intégrée aux projets longs, particulièrement lorsqu’une formation comporte plusieurs phases pédagogiques ou pratiques.
N’attendez pas le dernier versement pour interroger votre conseiller. Demandez avant l’entrée en formation si le parcours peut ouvrir droit à la RFF, puis faites confirmer les justificatifs attendus. Cette anticipation évite de découvrir un défaut d’éligibilité au moment où votre projet est déjà engagé.
Interruption, abandon ou reprise d’activité : les bons réflexes
Toute modification de votre formation peut avoir une incidence sur l’ARE-F. Une interruption, un abandon, un changement de parcours ou une reprise d’emploi doit être déclaré à France Travail sans attendre l’actualisation suivante si votre situation a déjà changé.
Une interruption temporaire
En cas de suspension du stage, France Travail doit connaître la période exacte et le motif de l’interruption. Le dossier indique que lorsque l’arrêt dure 15 jours ou moins, l’allocataire continue de percevoir son ARE-F.
Transmettez le document établi par l’organisme de formation et vérifiez la qualification retenue dans votre espace personnel. Une interruption pédagogique prévue au calendrier ne produit pas nécessairement les mêmes conséquences qu’une absence individuelle ou qu’une suspension du parcours.
Un abandon ou un changement de formation
L’abandon met fin à la situation qui justifiait le versement de l’ARE-F. Votre indemnisation doit alors être réexaminée au regard de votre inscription, de votre disponibilité et de vos droits restants. Ne laissez pas l’organisme de formation effectuer seul le signalement : déclarez aussi le changement directement à France Travail.
Si vous changez de formation, la nouvelle action doit être étudiée et validée. L’accord donné pour le premier parcours ne se transfère pas automatiquement au second, même si les deux préparent à des fonctions proches dans un établissement sanitaire ou médico-social.
Une reprise d’emploi pendant le parcours
Une reprise d’activité modifie votre situation de demandeur d’emploi et peut influer sur le versement de l’allocation. Déclarez l’activité, sa nature et la rémunération correspondante lors de votre actualisation, puis fournissez les justificatifs demandés.
La possibilité de poursuivre la formation en parallèle dépend de son organisation et de la compatibilité de l’emploi repris avec le parcours. Faites confirmer les conséquences avant d’accepter une mission, surtout si elle entraîne une modification des horaires, des périodes pratiques ou de votre assiduité.
Les démarches pour obtenir l’ARE-F
Lorsque toutes les conditions sont remplies et que la formation est correctement enregistrée, l’ARE-F est accordée d’office par France Travail. Vous n’avez pas à déposer une demande autonome portant ce seul intitulé, mais vous devez sécuriser chaque étape administrative qui permet cette bascule.
Le parcours comprend généralement les actions suivantes :
- présentez votre projet de formation à votre conseiller France Travail ;
- faites intégrer et valider le projet dans votre PPAE ;
- transmettez les informations ou la convention fournies par l’organisme de formation ;
- vérifiez que votre entrée en formation apparaît dans votre dossier ;
- continuez à effectuer votre actualisation et à déclarer tout changement de situation.
L’organisme de formation peut être chargé de transmettre certaines données. Cela ne vous dispense pas de vérifier leur réception. Les circuits administratifs ont parfois le charme discret d’un portail RH un soir de garde : une capture d’écran, un accusé de réception et une copie de la convention peuvent vous épargner de longues recherches.
Avant le début du parcours, demandez une confirmation écrite du montant journalier, de la durée restante de vos droits et de la date prévisionnelle de fin d’indemnisation. Si la formation va au-delà, faites examiner immédiatement l’éligibilité éventuelle à la RFF.
L’ARE-F protège la continuité de votre rémunération pendant une formation validée, mais elle ne sécurise votre projet que si le calendrier des droits, le financement pédagogique et les frais annexes sont examinés ensemble. Le bon réflexe consiste à comparer la date de fin d’ARE avec celle de la formation avant tout engagement définitif. Pour un projet de reconversion ou d’évolution dans la santé, exigez une validation écrite et conservez chaque justificatif transmis. Vous pourrez ensuite travailler le volet suivant : diplôme requis, périodes pratiques et conditions réelles d’accès à l’emploi visé.
Questions fréquentes
Peut-on percevoir l’ARE-F sans avoir droit à l’ARE ?
Non. L’ARE-F s’adresse aux demandeurs d’emploi déjà indemnisés au titre de l’ARE ; les personnes non indemnisées doivent faire examiner les autres rémunérations de formation adaptées à leur situation.
L’ARE-F paie-t-elle les frais d’inscription à la formation ?
Non. L’ARE-F est une rémunération versée à l’allocataire pendant son parcours, tandis que le financement des frais pédagogiques fait l’objet d’une décision distincte.
Faut-il continuer à s’actualiser pendant la formation ?
Oui. Vous devez rester attentif aux obligations indiquées par France Travail, effectuer votre actualisation et déclarer toute interruption, reprise d’emploi ou modification du parcours.
L’ARE-F continue-t-elle automatiquement jusqu’au diplôme ?
Non. Elle est versée pendant la formation dans la limite de vos droits ARE restants ; si ceux-ci s’épuisent plus tôt, la possibilité d’une RFF doit être examinée séparément.