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Reconversion professionnelle : quelles passerelles pour devenir infirmier ?
Métiers & orientation

Reconversion professionnelle : quelles passerelles pour devenir infirmier ?

Une reconversion professionnelle vers le métier d’infirmier peut suivre deux voies : le cursus classique en IFSI ou un parcours progressif passant par un diplôme…

Mathieu Delcourt
11 min
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Une reconversion professionnelle vers le métier d’infirmier peut suivre deux voies : le cursus classique en IFSI ou un parcours progressif passant par un diplôme tremplin, une expérience dans le soin, puis une passerelle. L’arrêté du 3 juillet 2023 a modifié les possibilités d’évolution proposées aux aides-soignants, mais les modalités précises doivent être vérifiées auprès de l’établissement de formation. Cet article détaille les conditions d’accès, la sélection, les formats de formation, les diplômes préparatoires et les solutions de financement.

Passerelle vers infirmier : ce que la réforme de 2023 a changé

Une passerelle vers le métier d’infirmier désigne un parcours qui tient compte de compétences et d’expériences déjà acquises dans le soin. Elle ne transforme pas automatiquement un diplôme d’aide-soignant en diplôme d’État d’infirmier : elle encadre une sélection, une vérification des acquis et une formation adaptée.

D’après les informations publiées en 2023 par formation-infirmier.info, l’arrêté du 3 juillet 2023 a facilité l’évolution professionnelle des aides-soignants. Cette réforme élargissait les possibilités de progression en reconnaissant davantage leur expérience, tout en maintenant des conditions d’admission et de validation.

Concrètement, le principe repose sur trois éléments :

  • une expérience professionnelle préalable dans les métiers du soin ;
  • une sélection destinée à apprécier les connaissances et la capacité à suivre le parcours ;
  • une validation des compétences pratiques avant l’entrée dans la suite de la formation.

Cette évolution intéresse particulièrement les aides-soignants déjà en établissement sanitaire ou médico-social. Leur connaissance des patients, du travail en équipe et de l’organisation des soins constitue un socle utile, mais les responsabilités infirmières exigent des compétences supplémentaires : raisonnement clinique, surveillance, coordination et maîtrise des actes relevant du métier.

Les sources disponibles dans le dossier étant non institutionnelles, elles ne suffisent pas à établir les règles applicables à chaque candidature en 2026. Avant d’organiser une mobilité ou de quitter un poste, demandez à l’IFSI concerné le texte réglementaire retenu, les dispenses accordées et le calendrier exact de sélection.

Expérience, diplômes et dérogations : les conditions à examiner

Le parcours présenté s’adresse d’abord aux professionnels pouvant justifier 3 années d’activité professionnelle à temps plein dans les métiers du soin. Cette ancienneté ne dispense pas de réussir les épreuves de sélection spécifiques.

Votre dossier doit donc permettre de distinguer clairement votre diplôme, votre durée d’activité et la nature de vos missions. Selon les justificatifs demandés, vos contrats, certificats de travail ou attestations employeur pourront servir à reconstituer votre parcours. Une expérience familière du milieu hospitalier ne vaut pas nécessairement preuve administrative : le portail RH adore parfois vous rappeler cette nuance au moment le moins pratique.

Le cas des aides-soignants expérimentés

Pour un titulaire du DEAS exerçant déjà dans le soin, la première question porte sur le calcul des 3 années d’activité à temps plein. Les périodes discontinues, les quotités de travail ou les changements d’établissement peuvent nécessiter un examen individualisé par l’organisme chargé de la sélection.

L’expérience attendue ne se résume pas à une ancienneté sur une fiche de paie. Le candidat doit également montrer qu’il peut changer de niveau de responsabilité, reprendre une formation exigeante et mobiliser ses acquis sans confondre les champs de compétences d’aide-soignant et d’infirmier.

Une reconversion reste possible sans le bac

L’absence de baccalauréat ne ferme pas nécessairement toute trajectoire vers les soins infirmiers. Un parcours en cascade peut commencer par une formation tremplin, puis se poursuivre par l’acquisition de l’expérience professionnelle exigée avant une candidature à la passerelle.

Selon les données du dossier, le DEAES et le DEAVS sont présentés comme accessibles dès le niveau CAP. Le DEAS est indiqué comme nécessitant le brevet, avec des dérogations possibles. Ces indications proviennent toutefois d’une source non institutionnelle et doivent être confirmées auprès de l’établissement préparant le diplôme choisi.

La bonne démarche consiste à faire valider votre situation avant toute inscription. Demandez une réponse écrite sur les prérequis, les dérogations envisageables et la recevabilité de votre expérience : une promesse orale ne sécurise ni votre admission ni le financement de votre reconversion.

Sélection et stage pratique de 5 semaines

L’admission ne repose pas sur la seule ancienneté. Le parcours décrit associe des épreuves de sélection spécifiques à une mise en situation destinée à certifier les compétences pratiques du candidat.

La préparation doit couvrir votre compréhension du métier infirmier, votre capacité à analyser une situation de soins et la cohérence de votre projet. Il ne s’agit pas seulement d’expliquer que vous souhaitez davantage de responsabilités. Vous devez montrer ce que ce changement implique dans votre travail, votre organisation personnelle et votre positionnement auprès des patients comme de l’équipe.

Le dossier mentionne ensuite un stage à temps complet de 5 semaines en soins infirmiers. Cette période doit permettre d’évaluer des compétences sur le terrain et de vérifier que l’expérience antérieure peut être mobilisée dans le cadre du nouveau parcours.

Avant le stage, clarifiez avec l’organisme :

  1. les objectifs et compétences à valider ;
  2. le statut du candidat pendant la période pratique ;
  3. le lieu d’affectation et les horaires ;
  4. les documents d’évaluation attendus ;
  5. les conséquences d’une absence ou d’une validation partielle.

La source fournie présente ce stage de 5 semaines comme une condition du parcours. Son caractère obligatoire et ses modalités doivent néanmoins être confirmés pour la session visée, car le dossier ne contient pas de texte institutionnel permettant d’affirmer qu’une règle identique s’applique à tous les candidats en 2026.

Parcours adapté ou cursus IFSI : deux calendriers très différents

Les deux voies ne répondent pas aux mêmes profils. Le cursus classique en IFSI offre une formation complète sur 3 ans, tandis que les parcours présentés comme des passerelles durent de 9 à 18 mois selon les organismes.

CritèreParcours présenté comme passerelleCursus classique en IFSI
Profil principalement concernéProfessionnel disposant déjà d’une expérience dans le soinCandidat admis par la voie correspondant à sa situation
Expérience mentionnée dans le dossier3 années d’activité professionnelle à temps pleinAucune durée d’expérience indiquée dans le dossier
Durée annoncéeDe 9 à 18 mois selon l’organisme3 ans
Sélection décriteÉpreuves spécifiques et validation pratiqueEntrée en IFSI selon la voie d’admission applicable
Travail écrit mentionnéMémoire professionnel de 15 à 20 pagesModalités non précisées dans le dossier

Le parcours adapté exige de formaliser son expérience

La durée réduite ne signifie pas que la formation devient une simple validation administrative. Le candidat doit transformer son expérience en compétences démontrables et acquérir ce qui relève spécifiquement de l’exercice infirmier.

Le dossier mentionne notamment un mémoire professionnel de 15 à 20 pages, consacré à une problématique propre au métier d’infirmier, puis soutenu par le candidat. Ce travail évalue autant la capacité à structurer une réflexion que l’aptitude à prendre du recul sur les pratiques de soins.

Le cursus IFSI reste une voie complète

Le cursus classique demeure une option pour les candidats qui ne satisfont pas aux conditions de la passerelle, ou qui préfèrent une progression pédagogique complète. D’après le dossier, l’entrée en IFSI est ouverte sans limite d’âge et la formation dure 3 ans.

Cette voie peut être plus longue, mais elle évite de construire artificiellement un parcours professionnel uniquement pour atteindre l’ancienneté exigée. Si vous n’exercez pas encore dans le soin, comparez le temps total des deux itinéraires, et pas seulement la durée finale annoncée de la passerelle.

Les durées de 9 à 18 mois et les modalités du mémoire proviennent de sources non institutionnelles. Demandez à chaque organisme le programme détaillé, les dispenses réellement reconnues et les conditions de délivrance du diplôme avant de comparer les calendriers.

DEAS, DEAES et DEAVS : construire une trajectoire en cascade

Pour une personne éloignée des conditions d’admission, la voie la plus réaliste peut commencer avant la passerelle. Un diplôme tremplin permet d’entrer dans le secteur, d’acquérir une pratique professionnelle puis de constituer l’expérience demandée.

Le dossier cite trois formations :

  • le DEAS, qui prépare au métier d’aide-soignant ;
  • le DEAES, tourné vers l’accompagnement éducatif et social ;
  • le DEAVS, présenté comme une porte d’entrée dans l’accompagnement de la vie quotidienne.

Le DEAS est le tremplin le plus directement lié au projet infirmier, car il place le professionnel au cœur des soins et du travail en équipe. Le DEAES peut également ouvrir une première expérience dans un établissement médico-social, mais toute activité d’accompagnement ne sera pas nécessairement reconnue de la même manière pour une passerelle donnée.

D’après le dossier, la formation d’aide-soignant dure 10 mois et comprend des stages en milieu hospitalier. Cette durée doit être intégrée au calendrier global, auquel s’ajoutent ensuite l’expérience professionnelle exigée, la sélection et la formation infirmière.

Le parcours en cascade peut ainsi se lire comme une succession d’étapes :

  1. vérifier l’accès au diplôme tremplin selon votre niveau scolaire ;
  2. suivre la formation et valider les stages ;
  3. exercer dans un emploi correspondant au diplôme obtenu ;
  4. constituer les justificatifs des 3 années d’activité à temps plein ;
  5. candidater à la sélection spécifique ;
  6. suivre le parcours infirmier retenu par l’établissement.

Cette stratégie demande du temps, mais elle permet de sécuriser chaque étape par un diplôme et une expérience professionnelle. Avant de choisir entre DEAS et DEAES, faites confirmer que les fonctions envisagées entreront bien dans le périmètre d’expérience reconnu par la passerelle ciblée.

Financer la reconversion sans fragiliser son parcours

Le financement doit être préparé avant l’inscription, particulièrement lorsque la reconversion impose une baisse ou une interruption d’activité. L’éligibilité d’une formation ne garantit pas sa prise en charge pour votre dossier : elle ouvre seulement la possibilité de solliciter un financeur.

Le dossier indique que certaines formations d’aide-soignant ou préparant au DEAES peuvent être éligibles à une prise en charge de 100 %. Cette couverture dépend cependant de la formation, de votre statut et de la décision du dispositif mobilisé. Elle ne doit donc pas être présentée comme automatique.

Pour établir un budget exploitable, séparez :

  • les frais pédagogiques ;
  • le maintien éventuel de votre rémunération ;
  • les déplacements et l’hébergement liés aux stages ;
  • l’organisation familiale pendant les périodes à temps complet ;
  • les conséquences d’une prolongation ou d’un report de formation.

Si vous travaillez déjà dans un établissement sanitaire ou médico-social, commencez par présenter votre projet au service chargé de la formation ou au portail RH. Demandez quelles pièces sont requises, quel calendrier décisionnel s’applique et si l’autorisation d’absence doit faire l’objet d’une démarche distincte du financement.

Une reconversion vers les soins infirmiers se prépare donc comme un parcours professionnel complet, et non comme une dispense isolée. Pour un aide-soignant expérimenté, la passerelle peut raccourcir la formation ; pour une personne sans expérience dans le soin, le DEAS ou le DEAES peut constituer une première marche plus solide. Le meilleur choix est celui dont vous avez fait confirmer par écrit l’admission, la durée, les dispenses et le financement. Une fois ce cadre sécurisé, vous pourrez comparer les débouchés et les conditions d’exercice qui correspondent réellement à votre projet.

Questions fréquentes

Peut-on conserver son emploi pendant une reconversion vers le métier d’infirmier ?

Cela dépend de l’organisation de la formation, des stages et de la position accordée par votre employeur. Faites établir un calendrier précis avant de négocier un aménagement du temps de travail ou une interruption d’activité.

Une expérience dans le médico-social compte-t-elle pour les 3 années exigées ?

Le dossier évoque 3 années d’expérience dans les métiers du soin, sans définir toutes les fonctions recevables. Demandez à l’organisme de sélection de confirmer par écrit la prise en compte de votre diplôme, de vos missions et de votre quotité de travail.

Une prise en charge à 100 % couvre-t-elle aussi la rémunération ?

Pas nécessairement. Une formation financée à 100 % peut désigner la couverture des frais pédagogiques sans garantir le maintien de votre rémunération ni la prise en charge des dépenses liées aux stages.

Le diplôme d’infirmier obtenu par une passerelle est-il différent ?

Une passerelle adapte le parcours de formation aux acquis du candidat ; elle ne doit pas être confondue avec un diplôme infirmier au rabais. Vérifiez toutefois auprès de l’IFSI le diplôme délivré, les validations exigées et les éventuelles dispenses attachées au parcours proposé.

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À propos de l'auteur

Mathieu Delcourt

Rédaction en chef

Ancien chargé des ressources humaines dans un centre hospitalier universitaire, Mathieu Delcourt s’est spécialisé dans les statuts, la paie et la mobilité des professionnels de santé. Il dirige Lelabostaff pour rendre compréhensibles les décisions administratives qui pèsent concrètement sur une carrière, un planning ou un revenu.

  • Ex-consultante RH
  • Expérience OPCO
  • Connaisseuse Qualiopi
  • 100+ plans accompagnés

Cet article est publie a titre informatif. Faites vos propres recherches avant toute decision.